La Nécessité de se professionnaliser

professionnalisation

Afin de redorer les lettres de l’indépendance parfois mises à mal par ses détracteurs, quels qu’ils soient, il est indispensable, à mon sens, de se professionnaliser.

Oui, l’accès à l’autoédition est facile, tout le monde peut publier un texte via Amazon en 3 clics. C’est pourquoi il est primordial de se montrer rigoureux quant au contenu que l’on édite. Il faut assurer un certain niveau de sérieux si l’on souhaite que l’édition indépendante soit considérée au même titre que l’édition traditionnelle. C’est un devoir qui nous revient, en tant qu’auteurs indépendants.

Mais alors, quelles sont les solutions qui se proposent à nous ? À quel prix ?

L’heure d’un petit récapitulatif a sonné !

1/ Les corrections

Voici LE point qu’il ne faudrait jamais négliger dans un récit. Que penseriez-vous d’un roman fraîchement acheté comportant plusieurs fautes à chaque page ? Des corrections méticuleuses sont essentielles pour le bon déroulement de votre sortie. Être naturellement doué en orthographe et/ou en grammaire ne suffit que rarement. Il est aisé de déceler les fautes dans le texte d’un autre, mais beaucoup plus complexe de les pointer du doigt dans les nôtres. Pourquoi donc ? Parce que notre cerveau connait déjà l’histoire, il connait notre phrasé, et s’amuse à survoler les lignes au lieu de les analyser. Une lettre manquante ? Une faute de frappe ? Cela passe parfois inaperçu pour votre matière grise passée en mode pilotage automatique. Un ou plusieurs regards extérieurs sont très souvent nécessaires. Plusieurs possibilités s’offrent alors à nous.

• Vous pouvez dans un premier temps faire appel à des bêtas lectrices et des contacts autour de vous étant en mesure de vous corriger. L’avantage ? Cela ne vous coûtera rien, et il faut bien l’avouer, lorsqu’on se lance, on ne dispose pas souvent d’un budget pour les corrections. L’inconvénient ? Selon les capacités des personnes qui se proposent de vous aider bénévolement, les résultats pourront s’avérer très aléatoires.

• Lorsque les ventes de vos romans vous permettent enfin d’investir un petit peu plus, ou bien si votre budget de départ vous le permet, vous pouvez contacter des correcteurs professionnels.Il est essentiel de demander plusieurs devis et de se renseigner sur la qualité du travail des personnes visées, car si l’on trouve des correcteurs pour toutes les bourses, on trouve également des correcteurs de tous niveaux. J’ai moi-même déjà eux la regrettable impression d’avoir rémunérer un correcteur qui au final avait créé plus de fautes qu’il n’en avait corrigées, n’en déplaise à son CV… Cela vous laisse un goût bien amer. La meilleure méthode réside probablement dans le fait d’interroger d’autres auteurs autour de vous. Le bouche-à-oreille est un excellent moyen pour s’assurer du sérieux d’un correcteur. Côté prix : pour un roman, on peut vous proposer entre 50 et 800 € ! La fourchette est large ! D’où l’intérêt de contacter plusieurs personnes ! Le prix le plus bas n’est pas toujours la solution la plus qualitative et vice-versa.

• Enfin, il est possible d’investir dans un logiciel de correction professionnel. Pour ma part, je ne trouve pas que cela soit suffisant. Certes, l’œil robotisé détecte beaucoup de choses, selon les réglages que l’on a préconisés en amont, mais il se trompe parfois. En revanche, j’aime utiliser un logiciel en complément de ma première phase de correction, ou même comme étape finale du processus. J’utilise Antidote, mais d’autres préfèreront Le Robert ou Bon Patron.

Dans mon cas, je fais un mix de ces trois solutions. Des bêtas lectrices m’accompagnent au fil de l’écriture, mais je fais plus appels à elles pour le fond de l’histoire que pour la forme. Ensuite, je combine un correcteur professionnel et un passage de logiciel. Lors de ma première parution en tant qu’indé, je ne pouvais pas rémunérer quelqu’un et j’ai donc commencé avec l’aide de bénévoles et du logiciel. Ce n’est que plus tard, quand mes ventes m’ont permis de revoir cela que j’ai commencé à faire appel à une correctrice, et que je lui ai demandé de reprendre mes premiers romans.

Il en va de même pour la mise en page. Soignez-la ! Offrez à vos lecteur des ebooks bien étudiés, des brochés joliment présentés. Cela fait une sacrée différence ! Il faut tenter de se mettre dans la peau du lecteur. Qu’aimeriez-vous trouver dans un livre ? Peaufinez vos “mots de fin”, vos “bonus” s’il y en a. Ce sont autant de petits cadeaux dont se souviendront les lecteurs.

2/ La Couverture

Lorsqu’on regarde les sondages concernant l’importance de la couverture sur les décisions d’achat, on comprends à quel point il est vital pour votre roman d’arborer une apparence en accord avec son univers, son époque, et qui peut sait attirer l’œil au milieu de toutes ces sorties ! Là encore, nous avons le choix entre plusieurs possibilités :

• Faire une couverture soi-même, si tant est que l’on se débrouille bien en graphisme. Pour ma part, j’étais infographiste freelance un temps et Photoshop est mon meilleur allié depuis 15 ans, donc je me charge seule de mes couvertures. L’avantage ? Le porte-monnaie sourit. L’inconvénient : cela prend du temps, et il faut être sûr de réaliser quelque chose de professionnel. Les avis de personnes extérieures sont bienvenus pour le vérifier. Et pourquoi pas celui de vos lecteurs ? Ce peut être une alternative sympathique si vous hésitez entre deux couvertures et cela leur permettra de s’impliquer davantage dans ce projet.

• Faire appel à un graphiste. Un rendu professionnel garanti, une efficacité assurée, mais à quel prix ? Une couverture peut vous coûter entre 50 et 300 € en moyenne, selon que vous vous adressiez à un graphiste ou à un illustrateur.

Pour des idées de bases de données d’images payantes et gratuites, je vous invite à aller faire un tour du côté de la rubrique “Ressources” du site, directement depuis le menu en haut. Elles sera régulièrement complétée.

3/ La polyvalence

Vous tenez à être pris au sérieux comme le sont de manière plus récurrente les éditeurs et auteurs ayant choisi l’édition traditionnelle ? Il n’en tient qu’à vous. Être auteur est un métier. Vous êtes professionnel, agissez comme tel. Surveillez les évolutions du monde littéraire, restez à l’affut des nouveautés, des offres de formation qui pourraient vous convenir, faites vous un plaisir d’apprendre de nouvelles choses, perfectionnez vous dans les domaines qui sont à ce jour vos faiblesses, et lancez-vous des défis !

Vous êtes seuls à la barre, ce qui implique que chaque jour est fait d’apprentissage et de découvertes. C’est parfois effrayant mais tellement grisant ! La polyvalence d’un auteur indépendant, c’est ce qui le définit.

4/ Distribution or not ?

Si vous tenez à ce que vos romans brochés soient disponibles partout en librairie sur commande, vous pouvez choisir de passer par une plateforme payante qui distribuera votre livre à la demande. Plusieurs le font, parmi eux Bookelis, Iggybook, BOD, Lulu, etc. (ils se chargent aussi de la distribution numérique). Libre à chacun d’aller consulter les caractéristiques de ces derniers.

À ce stade, je n’ai pas trouvé mon bonheur après un bref essai chez Iggybook, et me contente donc d’Amazon et de la boutique de mon site internet. Je me suis néanmoins inscrite au registre Dilicom via Cyberscribe (il faut être une entreprise enregistrée) qui est une base de donnée accessible par tous les libraires. Je reçois donc régulièrement des commandes de la part de certains d’entre eux, et me charge moi-même de es expéditions.

Pour la partie numérique, il y a deux écoles. Les amateurs de KDP select, comprenez l’exclusivité Amazon, qui voient leur chiffres d’affaires croître via le système d’abonnement de lectures auxquels leur livres sont soumis et le classement dans le TOP Kindle favorisés par ce système. Beaucoup semblent y trouver leur compte.

Pour ma part, j’ai réalisé avec ma saga Wild Crows que mon lectorat s’était bien élargi au delà d’Amazon ces dernières années. Il serait donc compliqué de me résoudre à l’exclusivité du géant et d’annoncer à mes lecteurs que désormais mes romans ne seraient plus accessibles que sur cette plateforme. Chaque cas est particulier. Dans le mien, Amazon représentait dès le début de la saga 60% de mes ventes, iBooks, Google Play et kobo se partageant le reste. Pour avoir testé Kdp select, je m’y retrouve bien mieux en multipliant les points de vente qu’en me consacrant à un seul revendeur, justement car mes lecteurs sont éparpillés. J’ai donc pris la décision de tenter la diffusion numérique via Immateriel, ce qui m’assure de la présence des chaque tome de ma saga chez tous les libraires numériques. Immatériel se sert à hauteur de 10% sur mes gains, ( les revendeurs à 30%) ce qui me laisse 60% des ventes. Je me découvre des lecteurs assez nombreux chez Leclerc ou Bookeen et n’y perds donc pas de CA. Je peux programmer à l’avance des promotions sur des dates définies, (choses impossibles en direct avec Amazon) et eux peuvent également me proposer des opération promotionnelles organisées par les revendeurs.

Cette expérience est très enrichissante. À l’avenir, je pense alterner les deux, en fonction des sorties, des romans concernés. Le tout est de trouver la méthode qui vous convient, car on ne le dit jamais assez, mais chaque parcours est différent.

En bref

Se professionnaliser au quotidien n’est pas une option si vous tenez à ce que l’on prenne au sérieux les auteurs indépendants. Il nous faut redoubler d’effort pour produire du contenu à la hauteur des attentes lecteurs et ne surtout pas se cacher derrière un “désolée, je fais tout seul, donc tant pis si ce n’est pas top”. Dès lors que l’on choisit de devenir indépendant, c’est à nous d’assumer pleinement ce qu’implique cette décision : il nous faut persévérer et repousser nos limites. Quoi de plus gratifiant que des retours positifs de la part de vos lecteurs quant au sérieux de votre travail ?  En prime, vous aurez la fierté d’avoir cravaché dur pour ce rendu final. En cas d’échec, comme en cas de réussite, vous ne le devrez qu’à vous-même. Alors autant faire en sorte de donner un maximum, non ?

L’indépendance est un beau voyage, qui demande des sacrifices, du temps, de l’énergie, mais qui parsème notre quotidien d’auteur de richesses d’enseignements et de petits bonheurs. Bonne route !

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2 thoughts on “La Nécessité de se professionnaliser

    1. Iggybook ? le manque de réactivité, de nombreux souci dans la mise en vente, et l’absence de retours efficaces. C’est un avis personnel, à chacun de se faire le sien. Je ne peux pas orienter qui que ce soit dans cette démarche très personnelle et subjective.
      Non, les tarifs que j’ai trouvés à ce jour concernant les imprimeurs indépendants sont trop élevés, donc je passe par Amazon. Je cherche malgré tout…

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