Interview de Maloisel Chevalier : en route vers l’indépendance

maloisel chevalier

Maloisel Chevalier est une auteure aux univers riches et variés, et au dynamisme redoutable.
Anciennement éditée au sein d’une maison d’édition, elle a choisi pour son prochain ouvrage de se lancer en tant qu’indépendante. Petit aparté avec cette romancière au sourire contagieux.

 

Bonjour Maloisel, merci d’avoir accepté ce petit entretien.
Si tu commençais par te présenter en quelques lignes et nous parler de ton univers en tant qu’auteur ?
Salut ! Je suis Maloisel Chevalier, une autrice un peu folle dinguo spécialisée dans le SFFF (mais je suis également ouverte à d’autres styles ). La légende raconte que j’ai commencé ma première histoire à l’âge de huit pour la fête des Pères. Depuis, j’ai été contaminée par le virus de l’écriture et je n’ai jamais cessé d’inventer de nouvelles histoires. Mon but ? Faire rêver mes lecteurs et les emmener dans des aventures inédites.

Peux-tu nous parler de ton parcours jusqu’ici ?

Comme dit dans la précédente question, j’ai commencé l’écriture très tôt. Je me suis penchée sur une multitude de récits, mais ce n’est qu’arrivée au collège, que je commence vraiment à rédiger de véritables histoires. L’une de mes amies de l’époque m’a initié aux jeux de rôles. Je ne pensais pas que cela m’ouvrirait autant de portes, tant au niveau imaginaire que créatif. Cela m’a beaucoup aidé pour la création des Chroniques de Gloriania.

Comme beaucoup, j’ai commencé par des fanfictions que je publiais sur des forums. L’une d’elles est devenue un roman à part entière. Je l’ai réécrite intégralement pour lui donner son identité propre avant de proposer le récit à la publication. En 2006, je reçois un contrat d’édition sur lequel je me précipite sans savoir qu’il s’agit d’un compte d’auteur. La publication me rapporte à peine 20 ventes. Suite à cet échec, je mets l’écriture de côté durant un moment. C’est en travaillant entre deux rayons de raccords de plomberie que je me décide à reprendre un récit que j’avais commencé lorsque j’étais ado. Je vais mettre presque 7 ans à écrire la première trilogie de ma saga et je mettrai un peu plus de deux ans à faire publier le premier tome auprès des éditions ROD.

En 2018, je me décide également à reprendre le premier roman que j’ai publié. Il me faudra 6 mois pour le réécrire. Aujourd’hui, je compte le publier en auto-édition.

 

Tu envisages donc l’auto-édition. Comment prépares-tu cette sortie ? Pourquoi ce choix ?
En effet, j’envisage de plus en plus l’auto-édition pour mes sagas. Le travail que ma maison d’édition a effectué sur mon ouvrage est excellent. Le correcteur et l’illustrateur ont fait des merveilles sur Les Chroniques de Gloriania. L’éditrice est facilement joignable. Un vrai plaisir. Le seul hic étant qu’ils ne publieront plus de saga dans l’avenir. De plus, il faut un certain nombre de ventes pour que les autres tomes sortent. Je trouve cela dommage… D’autant que je ne souhaite pas que cela justifie l’attente d’un nouveau roman. Je veux que l’attente de mes lecteurs soit justifiée par l’écriture de ce dernier.
De plus, je souhaite pouvoir offrir à mes lecteurs de nombreux bonus sans à avoir demandé l’autorisation à une quelconque maison pour leur publication.
Je ne connais rien des rouages de l’auto-édition. Et je ne souhaite pas faire appel à Amazon pour le moment bien que je sache leur coût moins élevé. Je passerai par la biais d’un prestataire (BOD) pour la conception et l’impression de mon ouvrage et surtout, pour faire mes premières armes. Si cela ne me convient pas, je pourrai toujours en changer.
Pour la publication de L’Ange génétique, je passerai par un financement participatif. J’ai prévu de nombreux goodies pour les contreparties ainsi que des exemplaires de mon ouvrage. Nous verrons bien les résultats.

Un besoin d’indépendance, donc, dans la façon de gérer tes textes ?

Oui. Le problème avec une maison d’édition est que les auteurs ne reçoivent qu’une fois par an (parfois deux fois) la reddition des comptes qui leur permettent de connaître l’état des ventes de leur ouvrage. En indépendant, j’aurai un visu plus “actif” sur les ventes. Cela me permettra d’agir en conséquence : proposition de concours, d’extrait, des animations…

Il y a aussi la possibilité de sortir les textes sans attendre que le livre soit prêt à la publication… etc.

C’est, en fait, avoir un contrôle total sur son travail avec la possibilité d’en informer les lecteurs. Ce qui me manque aujourd’hui.

 

En ce qui concerne le financement participatif, comment t’est venue l’idée ?

J’en avais déjà entendu parler il y a de nombreuses années. L’idée n’avait pas fait tilt à l’époque, car je ne concevais pas de devenir indé. J’ai vu de nombreux projets se concrétiser grâce au crowfunding en faisant quelques recherches et je me suis dit “pourquoi pas moi ?”. De plus, mes moyens étant limités, cela me permet d’acquérir la somme d’argent nécessaire à son organisation, tout en gagnant de potentiels lecteurs même si le financement ne fonctionne pas.

 

Chouette démarche ! Si tu nous parlais plus en détail de ce projet ?

Comme précisé dans une précédente réponse, j’ai publié un roman en 2006. Une dystopie avec pour arrière-plan la religion aztèque.

Début 2018, je l’ai ressorti pour une deuxième réécriture. Je voulais lui donner un nouveau souffle, mais également le rendre plus mâture. J’ai corrigé pas mal de choses, en ai ajouté aussi. Au départ, le roman faisait 162 pages. Aujourd’hui, j’en suis rendu à 420 pages, voir plus.

Pour ce qui est de la couverture, j’ai lancé une annonce sur un groupe Facebook pour trouver l’illustrateur. Bastien Jez s’est proposé et j’ai tout de suite adhéré à son univers. Cela a été un coup de cœur.
En matière de goodies, je ne voulais pas me contenter d’un simple marque-page avec la couverture en guise de contrepartie. J’ai fait quelques recherches pour pouvoir proposer plus. Nominee84 est un dessinateur qui a déjà travaillé sur l’un des personnages des Chroniques de Gloriania. J’aime beaucoup ses dessins. Je lui ai donc demandé s’il était intéressé par le sujet. Ce qui fut le cas ! Il s’occupera donc de dessiner les personnages principaux de mon roman. Et je transposerai les dessins sur les goodies pour plus de diversité.
Contrairement à la version précédente, j’escompte faire une correction. Je trouve que cela est important. Moi-même en tant que lectrice, voir des fautes d’orthographe me hérisse le poil.
Enfin, les contreparties. Cela n’a pas été simple et j’ai essayé de faire ça au plus juste. Une chose est certaine, même le don le plus bas, ne se contentera pas de simples remerciements ! Lui aussi aura son petit cadeau. Et chaque participant verra son nom apparaître dans une page spécialement dédiée de mon roman et participera à un tirage au sort final pour gagner la toute première version de L’Ange génétique. 
Enfin, à titre d’information, je lance le financement participatif au 1er février.

Tu sembles très organisée et tu sais ce que tu veux. Quelles sont, selon toi, les qualités qu’un auteur indépendant doit avoir pour parvenir à son but ?

L’indépendance : ne rien attendre de qui que ce soit à partir du moment où on devient indépendant. C’est paradoxal par rapport à l’intitulé ! J’en conviens, mais à partir du moment où on se lance seul dans l’aventure il ne faut pas s’attendre à recevoir de l’aide. Bien sûr, c’est du bonheur si une personne prend le temps de nous donner un coup de main. Il faut cependant prendre conscience que l’on est seul et que tout dépend de nous, et uniquement de nous.

La patience : et il en faut une bonne dose ! Entre la recherche d’illustrateurs, de correcteurs, le retour des bêta lecteurs, l’écriture, le retour des lecteurs… Cela ne se fait pas en un clin d’œil !

L’organisation (toussote très fort et très longtemps) : une qualité qui me manque, l’organisation. Si l’on veut des sorties régulières, l’organisation est de mise. Mais je pense que cela dépend aussi de chacun. Vu que je travaille, il n’est pas facile d’organiser des séances d’écriture sans oublier les à-côtés. Ce qui semble plus simple, une fois qu’on ne travaille plus que pour soit.

La persévérance : ce n’est pas parce qu’on a un échec qu’il ne faut pas persévérer. Dans la vie d’un auteur, surtout indépendant, les échecs seront au rendez-vous. Il ne faut pas abandonner au premier. Sinon autant tout arrêter. Si j’avais dû tout stopper dès qu’un obstacle s’était mis en travers de mon chemin. Je n’en serai pas là aujourd’hui !

Enfin : LE CULOT ! Il faut savoir oser ! Ces dernières années, j’ai passé mon temps à oser, à faire des propositions, rencontrer des gens, je me suis déplacée… Parfois cela marche, parfois non… l’important c’est d’essayer ! 😉

 

Je te rejoins sur tous ces points. Partir du principe qu’on sera seul, cela évite de mauvaises surprises. Néanmoins, j’ai pu remarquer que beaucoup d’indépendants étaient dans une démarche d’entraide. C’est un atout que je peinais à retrouver parfois dans l’édition traditionnelle.

Quel aspect de l’indépendance t’effraie le plus ? Et lequel t’attire le plus ?

Ce que tu dis est vrai, il y a beaucoup de solidarité entre les auteurs indépendants. Je l’ai constaté de moi-même. Ce que je voulais dire par là, c’est que je ne veux pas prendre cette solidarité pour acquis. On m’aide, tant mieux, j’en ferai de même. Je suis seule, très bien, je me débrouillerai. C’est en faisant qu’on apprend !
Je dirai que ce qui m’effraie le plus est de ne pas être prise au sérieux. Malgré l’évolution des mentalités, l’auto-édition est toujours perçue comme un travail amateur par de nombreux acteurs du monde de l’édition. Ce qui est dommage. C’est également la surcharge (pondérale !) de travail qui m’effraie aussi un peu. Quand je vois le temps que je passe sur internet pour faire parler de mes histoires et me faire connaître, cela donne le tournis. J’ai également peur de ne pas pouvoir respecter mes engagements de sortie auprès de mes lecteurs. Même si ce sont, je pense, des choses qui peuvent arriver. Sans oublier le budget… Me retrouver seule face à mes responsabilités aussi.
Ce qui m’attire ? Tout ! Même si comme dis plus haut cela demande un travail monstrueux et un engagement extrême. C’est pouvoir annoncer la sortie sans attendre l’aval d’une maison. C’est pouvoir partager en temps réel mes inspirations, les WIP (Work in progress : travail en cours) de la couverture… Faire le point sur mes ventes en temps réel aussi pour pouvoir agir en conséquence. En gros faire ce que je veux ! Être libre de choisir !

 

Merci pour le temps que tu as accordé à La Plume effrontée ! Je te souhaite bonne chance pour ce lancement qui approche, et je vais suivre ça de près !

C’est moi qui te remercie. 😉

➽ Pour en savoir plus sur Maloisel Chevalier :

Site : maloiselchevalier.wordpress.com

Facebook : www.facebook.com/maloiselchevalier

Instagram : www.instagram.com/maloisel_chevalier

Campagne Ulule : https://fr.ulule.com/lange-genetique-la-main-de-huitzilipochtli/

 

 

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