Auteurs hybrides : en quête d’un équilibre

auteurs hybrides

Alors que l’auto-édition devient de plus en plus populaire, et se revendique comme un choix, non plus comme une option par dépit, une seconde tendance émerge de plus en plus ces dernières années, celle des auteurs dits hybrides.

De quoi s’agit-il, au juste ?
D’auteurs ayant choisi de mêler autoédition et édition traditionnelle.
Pourquoi un tel choix ?
C’est ce que nous allons voir par la suite.

1/ Le statut d’auteur hybride

C’est un fait de plus en plus courant, de nombreux auteurs deviennent “hybrides” ces dernières années. Beaucoup de raisons peuvent expliquer ce fait, à commencer par les conditions parfois décevantes qu’ils rencontrent dans l’édition traditionnelle, où dans le sens inverse, le besoin de trouver un cadre qui leur manque en indépendant. Entrent aussi en jeu des attentes non comblées, en termes de visibilité, de renommée, de ventes, de développement de lectorat… et que cela soit réaliste ou non, justifié ou non, ce sont autant de motifs qui entrent en compte dans le choix de ce statut particulier.

Dans les faits, comment ça fonctionne ? Un auteur publie certains de ses livres via un ou plusieurs éditeurs, et d’autres de ses publications en autoédition (ce qui implique d’avoir malgré tout un statut en règle via une miro entreprise ou autre forme sociale permettant de justifier les royalties).

Il fut un temps où l’on pensait que l’autoédition était “une voie de facilité” pour les auteurs non retenus par les éditeurs. Eh bien grande nouvelle ! Il est l’heure de tordre le coup à cette croyance urbaine !
Comme déjà expliqué dans un article sur l’autoédition, que je vous invite à lire également, non seulement l’indépendance est très souvent un choix réfléchi et non par défaut, et, attention, accrochez-vous bien : des auteurs édités au sein de grandes maisons d’édition peuvent aussi décider de devenir hybrides, ou indépendants par la suite.

2/ Un réel choix

Pourquoi un auteur choisirait-il un statut mixte ? Pour tout un tas de raisons, et je vais vous énoncer les principales. Il est néanmoins nécessaire de garder en tête que tous les éditeurs ne se valent pas en termes de qualité et que chaque cas reste unique.

  • L’édition indépendante implique une totale liberté d’action, qui manque à certains dans le cursus traditionnel.
  • L’édition traditionnelle offre un cadre qui peut être rassurant pour un auteur, par son professionnalisme et son expérience, son savoir-faire.
  • L’édition traditionnelle peut permettre une visibilité plus importante lorsqu’une bonne diffusion est mise en place. (Même si cela n’est pas toujours vrai, et dépend aussi du travail fourni par les commerciaux qui rencontre les libraires).
  • Le goût du renouveau peut attirer certains auteurs vers l’indépendance, comme un défi personnel, une expérience unique à vivre au moins une fois.
  • L’édition indépendante assure une transparence constante, et une rémunération mensuelle, quand des droits d’auteurs en édition traditionnelle peuvent ne parvenir qu’une fois par an, ou une fois par trimestre, selon les maisons.
  • L’édition indépendante garantit un revenu équivalent à de 40 à 70 % du prix TTC par livre vendu, contre 8 à 20 % en moyenne dans la voie traditionnelle, en partie à cause des nombreux  intermédiaires que cela nécessite.
  • L’offre de prestation de services pour les auteurs indés ne cesse de se développer, proposant désormais les moyens de s’entourer de professionnels qualifiés.
  • Certains auteurs indés peuvent éprouver le besoin d’être “rassurés” en publiant l’un de leurs romans via un éditeur, qu’il s’agisse de confiance en soin, de reconnaissance professionnelle, ou tout simplement, pour bénéficier de ce statut mixte qui leur permet de profiter des atouts et inconvénients de ces deux modes d’édition.

3/ Un équilibre sur le long terme

Le choix du statut d’auteur hybride peut donc être le fruit de nombreuses réflexions, mais il s’agit également d’une vision sur le long terme.

On le sait tous, le monde de l’édition connait une période plutôt morose, les lecteurs sont nombreux, mais les sorties se chevauchent, la durée de vie des livres diminue, et la situation précaire des différents maillons de la chaîne n’arrange rien.

Choisir de mettre “ses œufs dans deux paniers différents” reste une option sécuritaire pour beaucoup.

En prime, ce combo permet à de nombreux auteurs de créer un cadre de travail sur mesure en jouissant des atouts de chacun des deux modèles, qui comblent logiquement les inconvénients de l’autre. Il s’agit donc d’un équilibre intéressant, tant sur le point humain que sur le point professionnel.

Le tout, c’est de déterminer avec précision quels romans il vous est possible de soumettre à un éditeur et quels titres vous préférez garder pour l’autoédition. Un choix peu évident et lourd de conséquences, puisqu’un contrat, une fois signé, vous engage sur le long terme aussi. Pour avoir eu besoin de rompre les miens, je sais à quel point il est compliqué de mettre fin à un contrat si celui-ci se déroule mal.

C’est alors libre à chacun d’étudier les possibilités en fonction de ses attentes.

Pour ma part, à titre d’exemple, pour avoir connu l’édition traditionnelle chez pas moins de 4 éditeurs, dont un grand, puis l’indépendance ensuite, je ne tire pas un trait définitif sur la voie traditionnelle; cependant, mes choix, si je devais poursuivre ma route en hybride, plutôt qu’en indépendante à 100%, ne seraient pas ceux que j’avais faits auparavant. Il me serait désormais inconcevable de laisser les droits d’une saga inédite aux main d’un éditeur : plusieurs tomes impliquent un plus grand risque si les choses ne se passaient pas comme prévu.
De plus, je vis désormais de ma plume, et je dois également réfléchir à cela si l’un de mes romans doit en passer par un éditeur : mes revenus seront bien inférieurs concernant ledit roman, il ne faut donc pas que je me perde dans ces calculs, au risque de brader trois années d’efforts pour parvenir à vivre de ma passion.
Je pourrais donc, éventuellement, confier un roman one-shot, mais pas une série. De préférence, un one-shot dans sa seconde vie, comprenez, qui a déjà atteint  le lectorat que je pouvais mettre à sa disposition, et qui aurait donc tout à gagner à passer entre les mains d’un éditeur, afin de rencontrer un nouveau public.

Pour l’avoir vécu, je sais dorénavant que “grand éditeur” ne signifie pas forcément, présence en librairie, ni lectorat plus vaste. Chaque expérience est unique. Pour ma part, j’ai forgé mon lectorat en devenant indé, pas via mes précédentes publications chez des éditeurs.

De même, si je devais un jour refaire confiance à un éditeur, je prendrais le temps de bien étudier le contrat avec précision, de me renseigner sur la présence en librairie, le relationnel entre lui et ses auteurs, et plus encore, je questionnerais les auteurs étant publiés chez lui pour me faire une idée claire de ce à quoi je m’engage, en plus de ce qui est noté sur le bout de papier.

Je ne ferme donc aucune porte, mais ne cherche pas non plus à provoquer le sort.

Le statut d’hybride permet malgré tout, quand il est question d’éditeurs sérieux et professionnels, d’être mieux diffusé pour les romans cédés, de bénéficier d’un cadre de travail enrichissant et de toucher un lectorat parfois plus large, tout en profitant sur d’autres romans de la liberté d’action tant recherchée, et d’une rémunération plus juste et plus régulière de l’auteur, ce qui lui permet d’en faire son métier, parce que : qu’on se le dise, c’est un métier.

De grands noms ont récemment sauté le pas, pour tenter l’expérience, à l’image de Samantha Bailly. Il semble que l’hybridation deviennent de plus en plus commune.

Il est désormais possible de s’entourer de services professionnels en indépendant, et de diffuser ses romans, un barrage en moins concernant l’autoédition…

La véritable question est : qu’attendez-vous, de votre côté ? Quel statut vous correspondrait le mieux ? Il n’y a que vous qui pourrez y répondre.

(Photo by Almos Bechtold on Unsplash)

 

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