Interview de Alessia Jourdain, romancière hybride.

alessia jourdain

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter le parcours de l’auteure Alessia Jourdain, au fil d’une petite interview.

Bonjour Alessia, et merci d’accorder un peu de ton temps à La Plume effrontée.

Si tu commençais par te présenter à nos lecteurs ?

Hello tout le monde!
Moi, c’est Alessia, Julie de mon vrai petit nom. Je suis auteur depuis bientôt 3 ans maintenant (ça passe vite !) avec 8 romans publiés en auto-édition et en maison d’édition. Comment on en arrive là ? Par hasard ou par besoin, chacun en jugera ! Lors de ma première grossesse, j’ai dû extérioriser certaines choses qui me pesaient énormément. La solution ? L’écriture. Déjà, toute gamine, j’imaginais des spin-off pour les personnages du Club des cinq ! Malheureusement pour moi, cette chère Enyd avait déjà pensé à tout. Coup de bol, j’ai fait un super rêve ! Vous savez, celui dont on se réveille parce qu’on a envie de faire pipi et qu’on prie pour que notre vessie nous lâche la grappe et pour qu’on arrive à se replonger dedans ! Quelques jours plus tard, c’était parti. Ben et Camille sont nés ainsi. Les deux premiers tomes ont été écrits en deux mois environ (bien retravaillés par la suite !). Bref, je m’éparpille, mais voilà mon histoire d’auteur.
À côté de ça, je suis maman d’une petite princesse de 28 mois, et en attente d’un deuxième enfant. J’adore les Dragibus, le Fanta orange, le double steakhouse et les chili cheese de chez B***** K***, mon mari, aussi, quand même ! La découverte du monde, le calme, la musique pop-rock des années 80 (Queen, BonJovi, Springsteen, plus folk), les romances, oh que oui, la romance !!! Mais qui se finit bien !
Et j’adore aussi piailler avec vous ! Donc n’hésitez pas à venir me glisser un petit mot en privé. 🙂
Je crois que j’ai fait le tour de moi (qui grossit un peu plus chaque jour !), mais si vous avez d’autres questions, j’adorerais vous répondre.

Comment ton choix s’est-il porté pour l’autoédition ?

C’est assez simple dans mon cas. Je suis partie sur l’AE (Autoédition) pour sortir mon 3e roman écrit, mais mon 1er publié. C’est l’un des romans les plus personnels que j’ai écrit. Il raconte l’histoire d’Alberto et Juliette, qui se sont rencontrés à l’âge de 18 ans, et ne se revoient que des années plus tard, par hasard, lors d’un voyage de Juliette à Valencia, Espagne. Leur histoire est inspirée de ce que j’ai moi-même vécu lorsque j’avais 18 ans, à Valencia. Bref, j’avais besoin d’en faire quelque chose, de le faire vivre. Or, la maison d’édition dans laquelle je suis et qui publie certains de mes romans me proposait une date trèèèèèsss lointaine, genre des mois voire un an plus tard. C’est là que Lilly Sweet est intervenue et m’a encouragée à le sortir par moi-même. Et j’ai envie de dire qu’une fois qu’on a gouté à l’AE… on ne peut plus s’en passer !
Plus sérieusement, ce qui me pousse à rester en AE, c’est déjà la liberté qu’on a. On publie quand on veut, sous le format qu’on souhaite, au prix qu’on souhaite. Nous gérons tout nous-même, la couverture n’est pas imposée comme dans certaines ME (Maison d’édition), l’écriture, nous la gérons, sans dead line particulière, sans passage imposé ou changé sans notre accord (je n’ai pas à me plaindre de ce côté-là, ma ME est top).
En cas d’échec, ça fait râler, mais on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. Parce que lorsqu’un roman ne se vend pas et qu’il est en ME, on peut dire que la ME n’a pas fait son job pour la pub, que c’est la faute de…etc. Et je déteste ça. Je déteste ne pas contrôler. De plus, dans beaucoup de ME, il faut faire sa pub +++ pour les romans. Alors… Autant tout faire soi-même et en récolter les bénéfices en intégralité.
Parce que sur ce point, même si nous prônons tous que l’écriture est une passion, un loisir, une thérapie, nous sommes bien contents aussi d’en toucher les rémunérations. Et je dois avouer que l’AE, c’est un peu aussi l’appât du gain. Rares sont les auteurs en ME qui touchent autant que les auteurs en AE avec le même volume de vente. C’est impossible en fait, et tout à fait normal, si on regarde tous les intermédiaires qui interviennent.
Cependant, oui, l’AE, c’est aussi “épuisant”. Il faut tout faire soi-même ou alors investir de l’argent dans un correcteur, graphiste, etc. Personnellement, je gère tout, sauf la couv et la correction (je le faisais jusqu’à présent, mais rien n’est pas parfait…). En revanche, la communication, la pub, c’est assez pénible. Il faut en faire, mais pas trop, juste ce qu’il faut, se démarquer. Ce n’est pas simple, car nous sommes de plus en plus nombreux dans le paysage de la romance.

Comment envisages-tu ton avenir en tant que romancière ?

Comment je vois mon avenir dans le milieu… Bonne question. Pour le moment, je ne vois pas grand-chose. Je navigue à vue. Les dix-huit mois à venir vont être très pris, arrivée de bébé 2, congé parental (pas vraiment le choix, donc pas de garde de bébé 2), donc beaucoup moins de temps pour me consacrer à l’écriture. Pourtant, j’aimerais en vivre. J’aimerais faire de gros salons en tant qu’indépendante, mais je ne le vois malheureusement pas. Après, la vie est faite de surprise, je suis bien placée pour le savoir. Alors, aujourd’hui, je te dirais que rien ne bougera par rapport à maintenant. Dans mon autre réalité… Je ferai mon maximum pour réaliser ce rêve !

L’indépendance est chronophage, en effet. Envisages-tu de nouveau de confier certains de tes romans à un éditeur dans le futur ?

Non je ne confierai plus de romans à une ME, sauf exception (j’ai ma petite idée sur la question !) parce que de toute façon, ME ou AE, il faut aussi faire la promo. Alors quitte à la faire soi-même, à vivre un succès ou un échec, autant le faire pour soi. Attention, je ne renie pas les ME ! La mienne m’a donné ma chance il y a 2 ans, mais voilà. Je trouve que malgré tout, il faut faire beaucoup de choses soi-même. Et les droits d’auteurs, même si on ne fait pas forcément ça pour l’argent, sont fortement diminués par les intermédiaires (ce que je comprends totalement). Avec d’autres petites choses. Comme le fait que parfois, tu n’as pas de réponse, que dans certaines ME, tu n’as pas le choix de la couv ou même pas le choix sur la réécriture de certaines choses (pas dans la mienne, fort heureusement ! On a beaucoup de liberté.).
 
Bref, voilà ! Maintenant, c’est All by myself, comme dirait l’amie Céline. 🙂

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui hésite à se lancer en tant qu’auteur ?

 
Mon conseil ? Foncer.
À condition d’être un minimum sérieux et d’avoir un écrit un minimum abouti. Sinon on se fait descendre en flèche et ça mine le moral. Après tout, qu’est ce que ça coûte ? Le prix d’une correction et d’une couverture. Moi, si mon mari ne m’avait pas dit ça, je n’en serais pas là. Après, je ne suis pas bien loin ! Mais enfin voilà l’idée. Foncer, ne pas se prendre pour une star, rester sur Terre un max et ne pas s’attendre non plus à des millions qui tombent. Parce que même les personnes les plus connues dans notre petit cercle ne se font pas des centaines de milliers d’euros. Se dire qu’on fait ça pour le plaisir, pas pour la gloire. Sinon on risque d’abandonner, d’être aigri et d’être déçu.

Quels sont tes projets en cours ?

Mes projets en cours : je suis sur le spin off de Always and Forever, qui s’intitulera Forever and Ever. Il portera sur la sœur de Finn, le héros de Always and Forever. C’est une romance à suspense, mais comme toujours : happy end ! J’ai aussi des toooonneess d’autres projets en cours, ou en tête tout du moins, mais il me faut du temps pour les concrétiser. Ça viendra un peu plus tard. 🙂 

Certains romanciers t’inspirent-ils ?

 
Les auteurs qui m’inspirent : pas vraiment… J’ai certains auteurs que j’apprécie énormément, qui sont des amis, même. Si c’est de l’inspiration par rapport aux écrits, non, je m’inspire du quotidien pour mes romans. Une action dans la rue, au resto, une personne, une musique. Mon vécu aussi. Si c’est par rapport à la carrière ou à l’impact, oui, j’aime beaucoup Emily Blaine, Lilly Sweet, Angela Morelli aussi, pour leur succès, qu’on aimerait tous avoir un jour ! Abbi Glines, également 🙂 

Quelle est la plus grosse difficulté selon toi dans le quotidien d’un auteur ?

La plus grosse “difficulté” dans le quotidien d’un auteur : j’en verrai deux. L’inspiration et la page blanche, pour moi, c’est vraiment ce qui me fait flipper. Le fait de ne pas savoir quoi poser sur le pc. Parfois, on a envie, mais on n’y arrive pas. C’est frustrant, décevant, fatiguant, on se sent aussi incapable. Bref, c’est pas le pied ! Et la deuxième chose, c’est la pub. Savoir jauger le bon dosage, le bon moment, le bon endroit. C’est “facile” de balancer sa couv et son lien d’achat un peu partout, mais c’est pas forcément pertinent. Déjà, un post qui ne commence pas par “bonjour”, “coucou”, “hello”, enfin une marque de politesse, je trouve ça limite. Après, un petit mot gentil, humoristique, cool, c’est sympa. Bien sûr, un lien, une image, un extrait aussi. Mais oui, il faut le faire, ce qui est chronophage, et faut savoir bien le faire. Et c’est le plus difficile à faire.

As-tu des astuces pour t’organiser au cours de l’écriture d’un roman ? Des habitudes ?

Je suis assez “au feeling”. Pour mes premiers romans, j’ouvrais le PC, une page au bon format, je tapais les très grandes lignes (noms des personnages, bios rapides, les grandes idées ou thèmes abordés), et je laissais le reste se faire tout seul. Maintenant, je suis un peu plus organisée lol. J’ai un nouveau carnet (merci Action !) à chaque idée. Et je note ce qui me vient en tête. Parfois en couchant ma fille, ou en allant faire les courses… Bref, je pose sur papier. Ça me permet de me rappeler, déjà (2 grossesses, ça bousille les neurones xD), ensuite ça me permet de moduler mes écrits aussi en fonction des sorties. Il y a de plus en plus de romans publiés, et les idées se ressemblent, parfois. Et si mon idée est vraiment trop similaire à celle qui se trouve dans un des romans que j’ai lus, alors je lui apporte quelques petites modifs. Des nuances, des petites variantes, etc.

Côté diffusion, sur quelles plateformes es-tu présente en autoédition ?

Niveau diffusion, je ne suis encore que sur Amazon. L’avantage KDP Select est très intéressant. Environ 70 à 80% de mes rémunérations se font par leur biais. Donc… Ce serait un gros manque à gagner, en tous cas, sur le numérique. Quant aux brochés… Je vois passer beaucoup de choses, mais je dois prendre le temps de m’y pencher dessus sérieusement. Le jour où j’aurai un peu plus de temps. En attendant, je me contente d’Amazon. À tort peut-être ! 😉

Il est vrai que de ce côté là, chacun doit trouver son équilibre, certains préfèrent le 100% Amazon, d’autres trouvent le leur en élargissant leur diffusion.

Totalement ! Chaque cas est unique, chaque auteur a son petit grain de plus, chaque réussite est unique, chaque sortie l’est tout autant, et peut être un top ou un flop ! On a tous un feeling différent. Alors c’est super enrichissant d’avoir les expériences de chacun/une!

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Ce qu’on peut me souhaiter ? Vendre 100 000 exemplaires de mon prochain roman et qu’il plaise à tout le monde, lol ! N’est-ce pas le rêve de chacun ? Plus sérieusement, continuer mon petit bonhomme de chemin, avancer tranquillou en espérant que ça débouche sur mieux dans quelque temps. 🙂

Merci beaucoup Alessia, d’avoir pris le temps de répondre aux questions de La plume effrontée. C’était un plaisir d’en apprendre plus sur ton parcours et d’échanger avec toi. Bon vent !

 
Merci à toi, Blandine, d’avoir pris le temps et de t’intéresser à chacun d’entre nous ! Ce fut un plaisir. 😉 
separateur
alessia jourdain
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